Valéria OstapenkoElle était née en Russie, à Khabarovsk plus précisément,mais elle avait grandi à Kiev et fait ses études à l'Institut du textile de Moscou, où elle avait obtenu le diplôme d'ingénieur-styliste. De son pays d'origine, Valeria Ostapenko avait gardé cet accent si caractéristique qui faisait partie de son charme, de sa personnalité. Et de ses premières études, elle avait conservé le goût du beau et du travail créatif... La soif d'apprendre aussi, car dès son arrivée en France en 1982, elle avait retrouvé les bancs de la fac, et avait obtenu deux DEA à l'Université Pierre Mendès France : "études européennes" (en 2000) et "administration publique" (en 2001).

C'est en 2004 que le grand public isérois va vraiment faire sa connaissance. Après une formation de "directeur de projet d'animation et de développement", après un diplôme des "hautes études des pratiques sociales" obtenu à Lyon II, Valeria Ostapenko a en effet élaboré le projet du musée du gant de Grenoble. Son grand projet, ou sa grande mission : faire (re)découvrir aux Grenoblois le glorieux passé de la ville, celui de son industrie gantière.

Beaucoup de ses proches se souviennent des heures qu'elle passait dans la recherche de documents, dans le recueil de témoignages de descendants des grandes familles de gantiers de la région. Un travail colossal qui la conduira naturellement à créer l'Association de sauvegarde et de promotion du gant de Grenoble, puis le Centre international de recherche du gant, au sein duquel elle développera ensuite une activité éditoriale, avec la publication de "Édouard Rey, le gantier qui transforma Grenoble", signé par Claude Muller (2009) ; "Art nouveau à Grenoble", d'Élodie Peiffer (2010) ; et "Stéphane Jay, gantier, maire de Grenoble, châtelain d'Uriage" (2011).

Cette passion pour l'histoire de la ganterie et pour celle de la ville de Grenoble, Valeria Ostapenko savait la transmettre à tous ceux qui l'écoutaient. Gaie et enthousiaste, elle avait une formidable énergie pour organiser des événements et des expositions. Et elle avait aussi du cran pour interpeller, chaque fois qu'elle le pouvait, les pouvoirs publics sur « l'impensable absence » d'un musée du gant à Grenoble. Un dossier pour lequel elle s'est battue jusqu'à la fin. Elle est partie le dimanche 21 septembre au soir, bien trop tôt...

Elle n'avait que 62 ans et encore des projets plein la tête. Ses obsèques ont eu lieu le vendredi 26 septembre 2014 à l'église orthodoxe, 3 rue du Général- Mangin à Grenoble.